dimanche 8 octobre 2017

Une maison d’écoute pour les victimes de viol à Nyabibwe

La maison d'écoute de Nyabibwe


Dans le territoire de Kalehe, les viols ainsi que les violences sexuelles liées aux conflits sont un vrai problème dans la zone ainsi que dans toute la province du Sud-Kivu. Cette situation créée de fortes conséquences psychologiques et physiques dans les communautés environnantes.
Pour cette raison, le Comité International de la Croix Rouge (CICR), en collaboration avec la croix rouge RDC ont procédé au lancement des activités de la maison d’écoute au profit des victimes de violences sexuelles de Nyabibwe et environs. 

Nyabibwe est une localité située à une centaine de kilomètres de la ville de Bukavu en province du Sud-Kivu en République démocratique du Congo. 

Pour soulager le sort des femmes victimes de violences sexuelles, le CICR a donc mis en place une maison d’écoute pour leur permettre de les écouter et de les orienter si nécessaire vers une structure médicale dans un délai de 72 heures. Cette maison d’écoute a un volet psychosocial où les victimes de viol et des violences sexuelles sont prises en charges psychologiquement enfin de leur apporter non seulement un appui mais aussi un soulagement à leurs souffrances et leurs aider à trouver leur propre solution. 
les élèves en sensibilisation sur les VS

Lancée jeudi, les activités de la maison d’écoute de Nyabibwe sont le fruit d’une série de sensibilisations sur l’accompagnement psycho-social et médical des personnes traumatisées plus particulièrement les victimes de viol et de violence sexuelles. Ces sensibilisations se sont déroulées de porte à porte, d’une manière publique à travers les théâtres participatifs, et à travers des ateliers avec plusieurs couches de la communauté entre autres les élèves finalistes, les enseignants, les motards, les églises et les organisations locales de défense des droits de l’homme.
La déléguée Santé mentale et psycho-sociale au CICR Sud-Kivu, Sofia Gimenez, dit que la campagne de sensibilisation avait pour but de faire connaitre aux habitants du territoire de Kalehe, la maison d’écoute qui est une structure d’accompagnement psycho-social et médical aux victimes de viol et violence sexuelles. « Les communautés doivent savoir que les victimes de violences sexuelles sont des personnes comme nous et nous ne devons pas les stigmatiser. Nous référons les victimes vers les structures sanitaires adaptées en cas de viol dans un délai de 72 heures pour un traitement médical préventif ».
Interrogé, le responsable de la maison d’écoute de Nyabibwe Mr Maulizo Papy, a déclaré que depuis l’existence de la maison d’écoute au mois de juin, 63 victimes ont été enregistrées, parmi elles 37 victimes de violences sexuelles et 26 victimes de viols. Il ajoute que suite aux campagnes de sensibilisation menées, les victimes viennent des villages environnants comme Lushebere, Mukisha et même des haut-plateaux. 
sensibilisation à travers le théâtre participatif

« Nous ne cessons de dénoncer ces cas de violences sexuelles à Nyabibwe. Beaucoup de victimes sont des femmes qui se rendent dans les marchés tels que ceux de Ziralo ou de Shanje. Cette campagne de sensibilisation va aider les habitants à ne pas les mépriser ni les stigmatiser mais plutôt à les accompagner à travers des conseils » a dit Jacques Kapuli, chef de poste d’encadrement administratif de Nyabibwe.  

La maison d’écoute est ouverte de 8h00 à 18h00 tous les jours et reçoit toutes les victimes indistinctement de leur ethnie, de leur sexe ou de leur âge.

Esther NSAPU

lundi 2 octobre 2017

Les attaques d’Uvira, conséquence du blocage politique en RDC ?




La cité d'Uvira 
Après deux jours d’intenses combats, le week-end a été paisible dans la ville d’Uvira, en province du Sud-Kivu. Une coalition de milices se battait contre les Forces armées de la RDC, affirmant son objectif de chasser Kabila et son régime. L’évêque d’Uvira Monseigneur Sébastien Muyengo fustige la non-application de l’accord de la Saint-Sylvestre comme cause de ces attaques contre la ville d’Uvira.
 
La vie reprend petit à petit son cours normal à Uvira. Samedi le centre-ville était mouvementé. Boutiques, magasins, écoles et universités ont rouvert leurs portes. La circulation routière s’est aussi normalisée. Nous avons pu voir certaines personnes qui s’étaient réfugiées au Burundi voisin revenir à Uvira. « C’est grâce aux efforts des forces loyalistes avec l’appui des casques bleus de la Monusco », a affirmé l’administrateur du territoire d’Uvira devant la presse. Stéphanie Milenge a aussi dénoncé les vols de bétails par les miliciens : « C’est pour renforcer et nourrir leurs troupes dans les villages aux environs d’Uvira. J’invite donc les habitants à dénoncer tout cas où toute personne suspecte dans leurs milieux pour décourager ces miliciens. »

C’est la faute aux politiciens

« Même si aucune perte en vie humaine n’a été enregistrée dans la population civile, nous déplorons la disparition de deux jeunes Banyamulenge, enlevés jeudi lors des combats dans la localité de Swima par les miliciens et dont nous n’avons aucune nouvelle jusqu’à présent », déplore Majaliwa Kanaza président du Comité d’actions pour le développement intégral (CADI), une association de défense des droits de l’Homme basée à Uvira. L’évêque d’Uvira Monseigneur Sebastien Muyengo demande aux autorités du pays de penser à la sécurité des populations. Il déplore le fait que plusieurs villages du territoire de Fizi et d’Uvira comme le village de Bijombo soient les cibles de ces miliciens qui tuent et pillent les paisibles citoyens, sans que personne ne le dénonce.
« Tout ceci, ce sont les conséquences du blocage politique en RDC. Tous les groupes armés trouvent un motif de perturber l’ordre public car l’accord de la Saint-Sylvestre n’a pas été respecté. Sans l’organisation des élections en bonne et due forme, le pays ne peut pas s’en sortir », a-t-il déclaré.
Cette situation va sûrement impacter la vie quotidienne de nombreux habitants d’Uvira qui eux vivent du commerce transfrontalier. D’autres vivent du commerce entre la ville et les villages des alentours. Ceux qui apportent régulièrement des produits de la brousses ne le peuvent plus car ils fuient la présence des miliciens. 



Esther NSAPU  

samedi 19 août 2017

Après 3 ans d’absence, l’eau revient à Walungu



Ce Mercredi 16 août à Walungu, en province du Sud-Kivu, une effervescence peu commune se faisait observer à l’hôpital général de référence « Fond social du Kivu »(FSKI).  Après plus de 3 ans d’absence, l’eau courante revenait à l’hôpital à la grande joie de son personnel et de ses usagers.

Walungu est un territoire situé en province du Sud-Kivu à environs 45 kilomètres au Sud-Est de la ville de Bukavu en République démocratique du Congo. 

« Cela fait plus de trois ans que je suis ici à Walungu et en tant que médecin, je n’avais jamais vu l’eau couler des robinets de l’hôpital. Mais aujourd’hui l’eau coule à la grande satisfaction de tout le personnel de l’hôpital et des habitants bénéficiaires de nos services » a déclaré Mr Marcellin Musimwa, médecin directeur ai de l’hôpital général FSKI à Walungu. 

C’est depuis plusieurs années maintenant que Walungu et ses environs connaissent des difficultés liées à l’approvisionnement en eau potable. La première adduction d’eau potable avait été construite en 1952. Elle alimentait les habitants de Walungu ainsi que l’hôpital. Selon le Président de la société civile de Walungu, Mr Emmanuel Balolage, ce réseau a été étendu en 1978 afin de faire face à l’accroissement de la population de Walungu. Mais avec le temps, le réseau n’arrivait plus à fournir suffisamment d’eau à ses usagers et à répondre à la demande de l’hôpital à tel point que les habitants et le personnel de l’hôpital devaient s’approvisionner dans les ruisseaux à proximité. 

Témoin de cette situation, la Monusco, à travers le contingent Pakistanais présent sur place, a soutenu la demande des populations de Walungu de les aider à rénover le réseau d’adduction d’eau potable de l’hôpital. Grâce aux travaux de ce contingent, l’hôpital FSKI – qui enregistre 150 naissances en moyenne par mois– a de nouveau de l’eau. 

« Nous faisions recours à l’eau des ruisseaux de Chigezi et de Kashagari même après l’accouchement. Cela nous amenait à attraper des infections vu la qualité de l’eau qui est impropre à la consommation » a dit Neema une femme rencontrée à l’hôpital. 

Présent ce jour pour l’inauguration du nouveau réseau d’eau potable de l’hôpital, Mr Karna SORO, Chef de bureau de la Monusco au Sud-Kivu,a promis de poursuivre ce projet de rénovation de l’adduction d’eau potable de Walungu afin que les habitants puissent aussi avoir de l’eau potable en quantité suffisante. Pour cela de nouveaux tuyaux seront posés depuis la source de Muhambwe jusqu’à Chigengere et les bornes fontaines seront remises en service.

A noter que ce projet, qui a duré à peu près 30 jours, a coûté 15.000 dollars américains.


Une maison d’écoute pour les victimes de viol à Nyabibwe

La maison d'écoute de Nyabibwe Dans le territoire de Kalehe, les viols ainsi que les violences sexuelles liées aux conflits so...