mardi 13 juin 2017

« Ma lutte est de préserver la beauté naturelle africaine »



Née à Goma à l’est de la RDC, Clarisse Zihindula, une jeune entrepreneuse, s’est engagée à conscientiser les femmes de Goma pour qu’elles gardent leurs cheveux naturels.  Pour cela, elle tient un salon de beauté où elle ne propose que des produits naturels. 

Elle fabrique elle-même ces produits à base des matières premières des forêts congolaises.
« A travers ma maison de beauté dénommée Uzuri E’KA (la beauté de chez nous en shi, une des tribus du Sud-Kivu), j’encourage les jeunes à garder leurs cheveux naturels en appliquant un traitement fait à base d’huiles végétales. Je leur offre l’opportunité de rester belles au naturel. Ces huiles végétales proviennent des forêts de notre pays, plus précisément de Walikale » confie-t-elle.
Grâce à ces huiles végétales comme le « Ngazi » (huile de coco en swahili) ou le « Mbalika » (huile de ricin) mélangés au beurre de karité importé de la Côte d’Ivoire, Clarisse fait ressortir un mixage artisanal à appliquer sur les cheveux. Elle assure que le résultat est parfait après quelques semaines de traitement.

Convaincre tout le monde de revenir aux cheveux naturels
« Il est difficile de convaincre quelqu’un de couper à ras ses cheveux frisés ou dénaturés pour permettre une poussée de cheveux naturels. Mais à travers nos sensibilisations, nous avons réussi à convaincre certains et nous continuons toujours à le faire », avoue-t-elle.
Pour se lancer dans ces activités de beauté, Clarisse Zihindula dit s’être inspirée d’autres femmes africaines lors de ses voyages à l’étranger. Elle a aussi regardé plusieurs fois des vidéos dans lesquelles les femmes parlent de leurs expériences. 

Combattre l’influence de la « beauté occidentale ».
Clarisse Zihindula dénonce le fait  que  « les femmes de Goma et même celles de tout le pays soient trop influencées par la culture occidentale. Elles dépensent beaucoup en se focalisant exclusivement sur des produits venus de d’Europe ou d’Amérique. Elles utilisent les implants plastiques pour ressembler aux Blanches. En réalité, la beauté réside dans le naturel ». Elle ajoute : « Les femmes devraient valoriser la culture congolaise à l’exemple  de nos ancêtres qui eux gardaient leur beauté et leurs cheveux naturels. Leurs tresses étaient  faites à la main. »
A travers sa maison de beauté Uzuri E’KA, Clarisse Zihindula veut non seulement promouvoir les productions locales issues de nos forêts, mais aussi fournir de l’emploi aux jeunes filles pour qu’elles prennent goût au travail.
  
« J’ai déjà aidé environ 200 jeunes filles et garçons de Goma et d’ailleurs à revenir au naturel grâce aux huiles végétales venues de la forêt de Walikale. Je crois même que dans cinq ans, 60 % des femmes de Goma utiliseront des produits naturels ».
« Uzuri E’KA offre des services et des produits accompagnés de conseils » conclut Clarisse Zihindula, espérant ainsi rendre toute sa beauté à la femme congolaise.

Esther NSAPU

mercredi 7 juin 2017

ADDROSMIL, une association de lutte contre les infractions de l’armée et de la police


Addrosmil dans la sensibilisation à Uvira 

Depuis 2015, Benjamin Kalumire Ndi sensibilise l’armée et la police contre les violations des droits de l’homme commises par ceux qui servent sous les drapeaux. Il le fait à travers sa structure, l’Association pour la défense des droits du secteur de sécurité et militaire (ADDROSMIL).

En collaboration avec la hiérarchie de la police et de l’armée, ADDROSMIL mène ses activités à Uvira au Sud-Kivu. Benjamin Kalumire secrétaire exécutif général d’ADDROSMIL a répondu aux questions de Habari RDC pour expliquer son projet.

Habari RDC : Quel est le but de votre structure ? 

Benjamin Kalumire Ndi : A travers le projet « Lobi mokolo ya sika » qui veut dire « demain est un jour nouveau », le but est de sensibiliser les populations d’Uvira à avoir le courage de dénoncer les cas d’infractions commises par les agents de l’ordre. Elles peuvent les dénoncer au bureau de la police le plus proche. Nous luttons contre l’impunité en facilitant le rapprochement entre civils et militaires, mais aussi entre civils et policiers. 

Pourquoi le choix d’Uvira ?
Uvira fait partie de nos zones d’exécution du projet. Il a été documenté ici à Uvira certaines violations des droits de l’homme commises par des agents de l’ordre. C’est pourquoi nous sommes ici pour réaliser non seulement des activités de sensibilisation publique, mais aussi dans des unités de l’armée et de la police afin de briser les barrières entre l’armée et la population. Ces activités permettent également d’amener les populations civiles à collaborer avec les agents de l’ordre, étant donné que dans le territoire de Fizi, il y a la présence de plusieurs groupes rebelles. Certains militaires accusent les civils d’être des Mai-Mai ou des rebelles.
Qu’elle est l’importance de la boîte à images dans vos sensibilisations ?
La boîte à image est un outil très important de sensibilisation. Elle contient des dessins et des messages visant à encourager le bien et à décourager le mal. Des messages du genre « plus jamais ça », etc. Ces  images attirent les populations vers nous et les incitent à poser des questions librement aux militaires et aux policiers en ayant devant eux un dessin montrant des faits réels.
Depuis le début de vos activités dans la région, y a-t-il eu un changement de comportement au sein de l’armée ?
Il y a un changement positif du côté de l’armée et de la police. C’est la première fois dans la région que l’on voit un policier ou un militaire sensibiliser les populations civiles sur la voie publique afin de les amener à dénoncer les infractions que commettent des hommes armés. Le grand changement, c’est lorsque nous avons vu des militaires dénoncer eux-mêmes les méfaits de leurs collègues militaires. Plusieurs condamnations ont même été prononcées à l’auditorat militaire suite aux dénonciations de la population et de l’armée. Pour nous, c’est un succès.
Quelles sont les actions de plaidoyer que vous menez au profit de l’armée et de la population ?
Le plus grand projet qui nous tient à cœur, c’est le suivi des recommandations de la population et  la mise en application effective du statut des militaires et des policiers. Ce processus est en cours. Tant qu’il n’y a pas d’activités comme celles que nous menons sur le terrain, telles que les activités de rapprochement, les journées portes ouvertes et autres, c’est difficile que la réforme de l’armée et de la police puisse réussir.
Nous impliquons l’armée et la police dans toutes nos activités, car les exclure c’est créer des divisions au sein de la société alors que nous sommes appelés à nous unir pour être forts à jamais.

À noter que le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme (BCNUDH) a documenté au moins 5 190 violations des droits de l’homme en 2016 en RDC. Ce chiffre représente une augmentation de près de 30% par rapport aux 4 004 violations enregistrées en 2015. Dans ce rapport, il est mentionné que la Police congolaise est responsable de 30% des violations des droits de l’homme. Le rapport attribue également aux militaires 1 218 violations, ce qui constitue une hausse de 10% par rapport à 2015.

 https://habarirdc.net/addrosmil-association-de-lutte-contre-infractions-de-larmee-de-police/

Esther NSAPU 
 



lundi 17 avril 2017

Le Kiebe-Kiebe et son musée de N’Gol’odoua

Le Président congolais, Denis Sassou Nguesso a procédé, le 9 mars dernier, à l’inauguration officielle du musée Kiebe-Kiebe au village Ngolodoua à Brazzaville. 
 
A l’intérieur, plusieurs centaines d’objets sont exposés : des figurines Kiebe-Kiebe, instruments de musique, paniers, mais aussi des œuvres plus récentes, issues de la collection présidentielle, et liés au cérémonial du Kiebe-Kiebe.



Le musée ambitionne de promouvoir la danse kiebe-kiebe pratiquée dans les départements des Plateaux, de la Cuvette et de la Cuvette-Ouest, en vue de faire découvrir ce rite et cette danse,  moins connue du grand public, hors des frontières nationales.



L’hôpital général Edith-Lucie-Bongo-Ondimba inauguré à Oyo

L'objectif de ce projet,   pour le gouvernement congolais,  est d'offrir de nouvelles conditions de soins aux populations congolaises dans un environnement plus adapté à leurs besoins.

L’hôpital général d’Oyo à Brazzaville  dont la construction a débuté en 2008 dispose de plusieurs services : administration, médecine générale, chirurgie, cardiologie, ophtalmologie, ORL, oto-rhino-laryngologie, urologie, pharmacie, morgue, radiologie, laboratoire.


«L’hôpital général Edith Lucie Bongo-Ondimba réduira considérablement le taux d’évacuations sanitaires à l’étranger en offrant les soins de qualité dans les spécialités diverses et variées dont l’équivalent est à réclamer au-delà de nos frontières», a dit la ministre de la Santé
et de la Population, Mme Jacqueline Lydia Mikolo, lors de l’inauguration officielle de l’hôpital général Edith- Lucie-Bongo-Ondimba, le 10 mars dernier à Oyo.



Autres photos  












Certaines femmes de Oyo, chantent  pour des visiteurs lors de l’inauguration du musée de N’Gol’odoua 



















Un homme en train de guider le kiebe-kiebe au rythme de la musique traditionnelle 



photos Esther NSAPU 

lundi 10 octobre 2016

Belle-île-en-Mer, la bien-nommée

une vue de Belle Ile , le palais

Idjwi, Zanzibar, qu’il m’est agréable de me rappeler ces noms… C’était sans compter sur Belle-Ile-en-Mer, une petite île française au large des côtes bretonnes pas plus grande que les localités de Bukavu et de Kavumu réunies.
Ici comme à Idjwi, point de groupe armé. La vie semble ralentie plus que sur le continent. Mais en observant bien, la seconde guerre mondiale a laissé des traces comme ces blockhaus qui jalonnent les côtes. D’ailleurs, il y a deux murailles fortifiées à franchir pour sortir du port du Palais, la seule ville de l’île.
De Zanzibar, elle a en commun son cachet marin, les petites rues étroites de la ville portuaire et les quelques palmiers (de petite taille) que j’ai pu voir mais la comparaison s’arrête assez vite. Autant l’intérieur de Zanzibar pouvait nous faire penser qu’on était en Tanzanie continentale avec ses villages, ses marchés, ses plantations et le foisonnement des activités quotidiennes, autant à Belle-Ile, le silence balayé par les vents d’Ouest, surtout en cette fin septembre et la perspective de voir la mer à l’horizon à chaque détour de chemin donne une certaine atmosphère de bout du monde bien que l’île ne soit qu’à 15 km de la côte.

Une longue histoire mouvementée
Une des plus anciennes traces de l’occupation de l’homme sur l’île sont ces grandes pierres dressées debout tels des obélisques appelés ici menhirs. Certains pensent que les hommes ont élevé ces pierres pour des raisons religieuses. Certains ont disparu mais d’autres sont toujours là comme le menhir de Jean et de Jeanne. A côté de ces statues de pierre se dresse la majestueuse citadelle du Palais, véritable forteresse protégeant le port notamment des Anglais qui réussirent malgré tout à prendre l’île au XVIIIème siècle.

 Bien que construite il y a 350 ans, cette forteresse servit aux Allemands lors de la seconde guerre mondiale dans leur plan de se protéger contre les alliés. Aujourd’hui, les bouleversements sont davantage socio-économiques : les principales activités économiques de l’île basées sur la pêche, l’élevage et l’agriculture ont progressivement diminuées aux dépens des activités touristiques et tertiaires.
un menhir de l'ile,Belle Ile





 Néanmoins il existe toujours une pêche côtière artisanale et il est possible de se procurer du poisson et des crabes au marché du Palais. Deux apiculteurs sur l’île produisent un miel unique grâce à la présence de l’abeille noire, une ancienne variété rustique toujours présente sur l’île grâce à son isolement. L’un des apiculteurs fait d’ailleurs visiter son exploitation pour le plus grand plaisir des touristes et des enfants. L’élevage concerne surtout l’élevage de moutons. Il est d’ailleurs possible d’acheter de la viande de mouton et même de la bière artisanale locale de Belle-Ile au principal supermarché de l’Ile.

Le tourisme

Le tourisme est une des principales sources de revenus de l’île qui fait passer l’île de 5 000 habitants en hiver (novembre-février) à plus de 30 000 en été (juillet-août). De nombreux hôtels, auberges, restaurants et crêperies coexistent sur l’île et attirent même des travailleurs venus d’Argentine ou du Mexique. De même il existe quantité d’artistes de photographes ayant ouvert une galerie d’art. A l’instar de Claude Monet qui a peint la côte sauvage, l’île est un véritable paradis pour les peintres et les photographes.

le Pyramide de port coton, mer sauvage, Belle Ile



 Elle est aussi le paradis des pêcheurs et des plaisanciers ainsi que des surfeurs grâce aux grosses vagues de la plage de Donnant. Malgré cela, l’île a su garder son cachet en préservant ses paysages de petites maisons blanches alignées de façon à se préserver du vent. L’eau de pluie est aussi précieusement collectée grâce à des petits barrages afin d’alimenter l’île en eau potable. Enfin, des services publics essentiels (hôpital, écoles, services municipaux, cinéma…) permettent de maintenir une vie à Belle-Ile tout au long de l’année.
Voilà il y aurait tant de choses à dire sur cette île que je préfère laisser les photos parler, me préparant déjà à rentrer au pays.
une vue sur la pointe de poulain,Belle Ile 


une vue sur LocMaria,Belle Ile



Entrée de Port Goulphar, belle Ile 

Vente de légume bio, au gout du monde, tous les jours, toute l’année



« Ma lutte est de préserver la beauté naturelle africaine »

Née à Goma à l’est de la RDC, Clarisse Zihindula, une jeune entrepreneuse, s’est engagée à conscientiser les femmes de Goma pour qu’...